"Est-ce que j'en ai déjà eu un ?"
C'est une question que j'entends en consultation. Posée avec hésitation, parfois avec gêne. Parfois avec une sincère incertitude.
Il y a des femmes qui ne savent pas ce qu'est un orgasme. D'autres qui croient peut-être en avoir eu un, sans en être vraiment sûres. Et d'autres encore qui savent qu'elles n'en ont jamais eu, et qui n'ont jamais osé le dire à personne.
Ces femmes ne sont pas rares. Et elles ne sont pas défaillantes. Elles sont, le plus souvent, simplement mal informées sur leur propre corps.
Se connaître : la première condition
Ce que j'observe régulièrement, c'est que les femmes qui n'atteignent pas l'orgasme sont souvent celles qui ne se connaissent pas. Pas par manque d'intelligence ou d'intérêt mais parce qu'elles n'ont jamais pris le temps, ou n'ont jamais su qu'il fallait le prendre, de partir à la découverte de leur propre corps.
Explorer ses zones érogènes, comprendre ce qui excite, identifier ce qui fait du bien... c'est un apprentissage. Personne ne naît avec cette connaissance. Et dans une culture où le plaisir féminin reste peu enseigné, peu représenté, souvent tu, beaucoup de femmes attendent que l'autre devine.
Mais l'autre ne peut pas deviner ce qu'elles ne savent pas elles-mêmes.
Ce que le clitoris cache vraiment
Il y a une méconnaissance anatomique fondamentale qui traverse toutes les générations, et qui concerne aussi bien les femmes que les hommes.
La plupart des gens pensent que le clitoris, c'est la petite partie visible à l'extérieur. Or ce n'est que la partie émergée d'un organe bien plus grand, entièrement dédié au plaisir, dont la majeure partie est interne et invisible.
Ce clitoris caché entoure le vagin, innerve une grande partie du bassin, et explique pourquoi la distinction entre "orgasme clitoridien" et "orgasme vaginal" est en réalité une fausse dichotomie. Les deux viennent du même organe, le clitoris simplement stimulé de façons différentes. Cette information change tout. Et pourtant, elle reste encore largement méconnue.
Seule oui, à deux non : la question du lâcher prise
C'est une situation que j'entends souvent : des femmes qui savent atteindre l'orgasme seules, mais jamais avec un partenaire.
Ce n'est pas un problème physique. C'est un problème de lâcher prise.
Seules, elles n'ont aucun regard à affronter. Elles ne se demandent pas ce que l'autre pense, si elles mettent trop de temps, si elles sont normales, si leur corps est acceptable dans ce moment de vulnérabilité absolue. Elles sont libres de se concentrer entièrement sur leurs sensations.
À deux, tout cela revient. La conscience du regard de l'autre, la peur du jugement, l'impression qu'il ne faut pas trop en demander, qu'il ne faut pas prendre trop de place. Et cette vigilance mentale est incompatible avec le lâcher prise que l'orgasme exige.
S'autoriser à prendre du plaisir
C'est peut-être la question la plus profonde que j'entends derrière toutes les autres.
Il y a des femmes qui arrivent très bien à l'orgasme. Ce qu'elles ont en commun : elles sont dans un lien au corps, dans un lien au plaisir. Elles s'autorisent à prendre. Pas à donner, pas à performer, pas à rassurer mais à recevoir.
Et il y a des femmes qui ne s'y autorisent pas. Pas parce qu'elles ne le veulent pas mais parce que des injonctions intérieures, souvent invisibles, les en empêchent. Des messages reçus sur ce qu'une femme doit être, sur ce qu'elle peut ou ne peut pas montrer, sur ce que le plaisir dit d'elle.
Dénouer ces injonctions, c'est un travail thérapeutique. Et il aboutit, presque toujours, à quelque chose de plus libre.
Ce qu'on peut faire ensemble
En consultation, on peut explorer plusieurs chemins selon la situation : apprendre à se connaître seule d'abord, cartographier ses propres sensations, comprendre l'anatomie réelle de son plaisir, identifier les blocages au lâcher prise, et progressivement, apprendre à guider l'autre.
Parce que c'est aussi ça, la clé : une femme qui se connaît peut guider. Et un homme qui accepte d'être guidé peut offrir quelque chose d'incomparablement plus précis que la meilleure des intuitions.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, une consultation individuelle ou en couple peut être un vrai point de départ.
Consultations à Fontenay sous bois et en visio.