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L'ennui sexuel chez les femmes : et si le vrai sujet était ailleurs ?

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L'ennui sexuel chez les femmes : et si le vrai sujet était ailleurs ?
Plus d'une femme sur deux s'ennuie dans l'intimité. Derrière ce chiffre : une méconnaissance de soi, des habitudes cristallisées, et des mots qu'on n'ose pas dire.

"Je ne prends pas vraiment de plaisir."

C'est rarement dit comme ça, directement. C'est murmuré, contourné, minimisé. Ou simplement tu depuis des mois, parfois des années.

Les chiffres sont pourtant clairs : plus d'une Française sur deux déclare s'ennuyer lors de ses rapports intimes. Mais ce mot "ennui" mérite d'être déconstruit. Parce que derrière lui, ce que j'entends en consultation, c'est rarement de l'ennui au sens propre. C'est autre chose, de plus profond et de plus complexe.


Une sexualité pensée du point de vue masculin

Pour comprendre ce qui se passe, il faut regarder comment la sexualité s'est construite culturellement, historiquement, dans l'imaginaire collectif.

Pendant longtemps, et encore aujourd'hui dans beaucoup de couples, c'est l'homme qui structure le moment intime. Qui initie, qui choisit, qui conduit. Pas nécessairement par mauvaise volonté, mais parce que c'est le modèle transmis, intégré, reproduit.

Le problème, c'est que cette sexualité est construite autour d'une vision masculine du plaisir. Et que le plaisir féminin, lui, suit d'autres chemins, d'autres rythmes, d'autres besoins, qui ne sont pas forcément pris en compte, ni même connus.


Le vrai sujet : une méconnaissance de soi

Ce que je découvre souvent en travaillant avec ces femmes, c'est qu'elles ne se connaissent pas vraiment elles-mêmes sur le plan intime. Elles ne savent pas précisément ce qui leur fait plaisir, ce qui les excite, ce dont elles ont envie. Pas parce qu'elles sont fermées ou indifférentes mais parce qu'elles ne se sont jamais vraiment posé la question, ou qu'elles n'ont jamais eu l'espace pour y répondre.

Derrière cet ennui, il y a souvent une méconnaissance de soi. Et cette méconnaissance rend impossible toute communication sur le sujet.


Pourquoi on ne dit rien

Parce qu'on ne veut pas froisser. Parce qu'un homme ne doit pas être mis en doute dans sa performance, encore moins dans l'intimité, où la vulnérabilité est déjà si grande. Parce qu'on a peur de le blesser, de créer une crise, de rompre un équilibre fragile.

Alors on simule. Plus d'une femme sur deux le dit. Pas par mensonge calculé mais par protection. Protection de l'autre, et quelque part, protection de soi aussi : ne pas avoir à ouvrir une conversation qu'on ne sait pas comment mener.


La cristallisation des débuts

Il y a un autre mécanisme que j'observe régulièrement, et qui est peu nommé.

Au début d'une relation, la nouveauté fait tout. L'excitation, le désir de découvrir l'autre, l'adrénaline des premières fois. Tout cela crée un plaisir presque automatique. Et c'est sur cette base que le couple construit ses habitudes intimes.

Puis le temps passe. Le corps change. Les envies évoluent, selon l'âge, les événements de vie, les transformations intérieures. Mais comme on ne communique plus vraiment sur ce sujet, on reste sur les représentations du début. On cristallise ces premières façons de s'exciter, ces premiers rituels, comme si ce qui fonctionnait alors devait fonctionner toujours.

Sauf que ce n'est plus la même personne. Et ce décalage entre ce qu'on était et ce qu'on est devenu finit par creuser un fossé silencieux entre soi et son propre plaisir, et entre soi et son partenaire.


Ce que la thérapie permet

Travailler sur ce sujet, c'est d'abord apprendre à se connaître. Explorer ce qui fait plaisir, ce qui excite, ce qui a changé. Sans jugement, sans performance, sans avoir à justifier.

C'est ensuite trouver les mots pour en parler à son partenaire, à son rythme, avec les outils qui rendent cette conversation moins menaçante qu'elle n'y paraît.

Et c'est enfin sortir de la cristallisation : comprendre que le plaisir évolue avec nous, et que ce n'est pas une défaillance mais une invitation à se redécouvrir.


Prendre rendez-vous

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, que vous soyez femme ou homme dans un couple qui a perdu ce fil, une consultation peut être le point de départ.

Consultations à Fontenay sous Bois et en visio.