Une génération qui déconstruit tout... et fait moins l'amour
C'est le paradoxe le plus frappant de notre époque : la génération Z est probablement la plus informée, la plus ouverte et la plus libérée sur le plan de la sexualité que l'histoire ait connue. Et pourtant, c'est aussi celle qui a le moins de rapports.
Pas de panique, pas de jugement, c'est une observation. Et elle mérite qu'on s'y arrête.
Une liberté sans précédent
Ce que porte cette génération est réel et profond. Les cases volent en éclats, une par une. La fidélité comme norme unique ? Questionnée, parfois remplacée par des formes de non-monogamie éthique choisie et assumée. Le couple hétérosexuel comme modèle par défaut ? Largement dépassé. La bisexualité, la transidentité, la fluidité du désir ? Nommées, visibles, revendiquées sans honte.
La frontière entre hétérosexualité et bisexualité s'est considérablement assouplie. Beaucoup de jeunes refusent les étiquettes, pas par confusion, mais par conviction que le désir est fluide et que le forcer dans une case l'appauvrit.
C'est une évolution profonde. Et c'est une liberté que les générations précédentes n'avaient pas.
Très informés, mais via les écrans
Cette génération s'informe massivement sur la sexualité. Via les réseaux sociaux, les comptes de sexologues et de psys, les podcasts, les forums. Et de plus en plus via l'intelligence artificielle, à qui on pose les questions qu'on n'oserait pas poser à un humain.
L'accès à l'information n'a jamais été aussi large, aussi immédiat, aussi déstigmatisé. C'est une vraie avancée.
Mais cette surinformation a aussi un revers. Elle crée des représentations très construites de ce que devrait être une sexualité "éclairée", avec ses codes, ses valeurs, ses injonctions nouvelles. Et parfois, à force de tout analyser, de tout déconstruire, de tout nommer, le désir spontané peine à trouver sa place.
Le paradoxe : plus libre, moins actif
Les études le confirment : la génération Z fait statistiquement moins l'amour que les générations précédentes au même âge.
Et une partie de cette baisse est délibérée. Ce n'est pas un problème, c'est un choix. Certains jeunes adultes ont simplement d'autres priorités, d'autres façons de vivre leur intimité, d'autres rythmes.
Mais une autre partie de cette baisse mérite qu'on s'interroge. Est-ce que la pression de "bien faire", d'être suffisamment ouvert, suffisamment déconstruit, suffisamment conscient, ne crée-t-elle pas une nouvelle forme de performance ? Est-ce que l'abondance d'information sur le désir n'éloigne pas parfois du désir lui-même ?
La liberté théorique et la liberté vécue sont deux choses différentes. Savoir ce qu'est le consentement ne suffit pas toujours à le vivre pleinement. Comprendre la fluidité du désir n'aide pas forcément à traverser la confusion qu'elle peut générer. Connaître le concept de relation ouverte ne prépare pas à gérer la jalousie.
Ce que le regard thérapeutique peut apporter
Ce n'est pas mon rôle de normer, ni de dire que faire plus ou moins l'amour est mieux ou moins bien. C'est d'aider chacun à distinguer ce qui vient de lui, ses vrais désirs, ses vraies valeurs, de ce qui vient de la pression du groupe, de la tendance, ou d'une représentation idéale de ce qu'on devrait être.
La déconstruction est une étape précieuse. Mais elle n'est pas une destination. Ce qui compte, c'est ce qu'on construit après pour soi, avec l'autre, à son propre rythme.
Prendre rendez-vous
Que vous ayez 20 ans ou 50 ans, que vous vous posiez des questions sur votre désir, votre identité ou vos choix relationnels, une consultation peut vous aider à y voir plus clair.