“Je ne savais même pas que tu faisais ça.”
Cette phrase, dite avec surprise, parfois avec gêne, parfois avec une pointe de malaise, résume bien ce que j’entends en consultation sur ce sujet.
Le plaisir solitaire existe dans presque tous les couples. Et pourtant, il reste l’un des sujets les plus tu, les plus évités, les plus soigneusement tenus à l’écart de la conversation intime.
Un tabou bien installé
Ce que j’observe, c’est que beaucoup de couples ont instinctivement séparé deux choses : d’un côté la sexualité à deux, de l’autre le plaisir qu’on vit seul. Deux espaces distincts, qui ne se croisent pas, qui ne se parlent pas.
La femme ne veut souvent pas savoir que son partenaire s’accorde ces moments seul. Comme si le savoir remettait quelque chose en question : son désir pour elle, sa suffisance, sa place...
Et l’homme, lui, n’imagine souvent pas que sa partenaire fait de même. L’idée ne lui traverse même pas l’esprit, tant cette réalité reste invisible, non dite, presque impensable dans la représentation qu’il a de la sexualité féminine.
Ce double tabou crée un espace de secret dans le couple. Pas forcément malveillant, juste silencieux. Et ce silence, à force, creuse une distance.
Pourquoi on n’en parle pas
Les raisons sont multiples et souvent entremêlées.
La peur de blesser, d’abord. Dire à l’autre qu’on vit des moments de plaisir seul peut être interprété comme un aveu de manque, d’insatisfaction, voire de trahison.
La pudeur, ensuite. Le plaisir solitaire est souvent vécu comme quelque chose d’intime, de privé, qui n’appartient qu’à soi. Le partager, même avec son partenaire, c’est s’exposer différemment.
Et parfois, simplement, l’idée n’a jamais été envisagée. Personne n’a jamais dit que c’était possible d’en parler.
Et si on en faisait une source de désir à deux ?
C’est ce que j’explore parfois en consultation avec certains couples, quand la confiance et la complicité sont là pour l’accueillir.
S’accorder ce moment de plaisir devant l’autre, se laisser voir, se laisser observer, peut devenir quelque chose de très puissant dans une relation. Ce n’est plus un secret gardé, c’est une invitation. Une façon de se montrer tel qu’on est, dans son plaisir le plus intime, à celui ou celle à qui on a choisi de se confier.
Ce que je vois quand des couples osent franchir ce pas, c’est souvent une forme de surprise et d’excitation. Découvrir l’autre dans ce moment-là, c’est le découvrir autrement. C’est créer du désir là où la routine avait peut-être installé une certaine prévisibilité.
Ce n’est pas un exercice pour tous les couples, ni pour tous les moments. Mais pour certains, c’est une porte qui ouvre vers quelque chose de plus libre, de plus curieux, de plus vivant.
La façon dont un couple gère ce sujet en dit souvent beaucoup sur sa façon de gérer l’intimité en général. Est-ce qu’on peut se montrer vulnérable ? Est-ce qu’on peut parler de ce qu’on ressent seul, de ce qu’on aime, de ce dont on a envie ? Est-ce qu’il y a de la place pour la surprise, la curiosité, la découverte de l’autre ?
Ce n’est pas le sujet lui-même qui compte, c’est ce qu’il révèle de l’espace que le couple s’autorise.
Si ce sujet vous parle, que vous souhaitiez explorer de nouvelles formes de complicité ou simplement mieux vous connaître et connaître l’autre, une consultation peut être un bon point de départ.
Consultations à Fontenay sous bois et en visio.