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Douleurs pendant les rapports chez la femme : quand la peur d’avoir mal entretient la douleur

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Douleurs pendant les rapports chez la femme : quand la peur d’avoir mal entretient la douleur
Avoir mal pendant les rapports n’est pas normal. Cause médicale, peur d’avoir mal, contraction du périnée : comprendre le cercle vicieux et comment s’en libérer.

“J’ai mal, et je n’ose pas le dire.”

Beaucoup de femmes vivent ça en silence. Elles serrent les dents, elles attendent que ça passe, elles se disent que c’est normal ou que c’est de leur faute. Certaines ont mal depuis des années et n’en ont jamais parlé à personne.

Je veux le dire clairement : avoir mal pendant les rapports n’est pas normal. Et dans la grande majorité des cas, on peut agir.


D’abord, écarter une cause médicale

Il existe des causes physiologiques à ces douleurs. L’endométriose, les vulvodynies, certaines infections, des cicatrices, la sécheresse liée aux changements hormonaux... Dans ces situations, la douleur est liée à la pathologie elle-même, par exemple à des frottements sur des tissus sensibles ou enflammés.

C’est pourquoi la première étape est toujours une consultation médicale, auprès d’un gynécologue ou d’un médecin. Il est essentiel de vérifier qu’aucune cause physique n’est en jeu. La sexothérapie vient en complément du suivi médical, jamais à sa place.


Quand la douleur est dans la peur d’avoir mal

Il arrive aussi que l’examen médical ne trouve rien. Aucune cause physiologique. Et pourtant la douleur est bien réelle.

Ce que j’observe en consultation, c’est que la peur d’avoir mal suffit à créer la douleur. Quand on a peur, le corps se contracte. C’est un réflexe de protection. Les muscles du périnée se resserrent et rendent la pénétration difficile, voire impossible, qu’il s’agisse d’un doigt, d’un tampon ou d’un partenaire. Ce n’est pas un choix et ce n’est pas du caprice. C’est le corps qui se défend.


D’où vient cette peur ?

C’est tout le travail à mener. Cette peur d’être pénétrée a une origine, et elle varie d’une femme à l’autre.

Elle peut venir d’un traumatisme. Elle peut venir d’une injonction reçue, par exemple l’idée qu’une première fois fait forcément mal, ou qu’il faut serrer les dents pour faire plaisir à l’autre. Elle peut venir de premiers rapports mal vécus, trop rapides, sans désir ni préparation.

Et le corps a de la mémoire. La douleur s’imprime comme une normalité de la sexualité. À force, le corps associe sexualité et douleur, comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.


Le cercle vicieux de l’auto-observation

Voici le mécanisme que je vois le plus souvent. Une femme qui a eu mal s’observe pendant le rapport. Elle pense : “Je vais avoir mal, je vais avoir mal, je vais avoir mal.”

Plus elle s’observe, plus elle se braque. Plus elle se crispe, plus elle a mal. Et plus elle a mal, plus elle s’observe encore. C’est le serpent qui se mord la queue.

Dans ce mode de surveillance, le corps ne peut pas se détendre. Et sans détente, il ne peut pas y avoir de plaisir.


Sortir du cercle : le corps et la tête

Le travail se fait sur deux plans à la fois.

Le plan physique. Il s’agit d’apprendre à repérer les muscles du périnée, à sentir quand ils se contractent et à les détendre volontairement. Ce n’est pas inné, ça s’apprend, en douceur et à son rythme.

Le plan mental. L’idée est de désassocier la sexualité de la douleur pour l’associer au plaisir. Concrètement, on apprend à contacter le plaisir, à faire vibrer le corps, à réveiller des sensations agréables. Et on oriente les pensées : au lieu de penser “je vais avoir mal”, on pense à ce qui est excitant, à ce qui est vibrant, à ce qui fait du bien.

On passe ainsi du mode observation au mode détente. Et c’est dans la détente que le corps peut enfin répondre autrement.


Ce n’est pas une fatalité

Ce que je veux transmettre, c’est que cette douleur n’est pas une condamnation. Elle a une histoire, une logique, et elle se dénoue. Souvent plus facilement qu’on ne l’imagine, à condition de ne pas rester seule avec.


Prendre rendez-vous

Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, une consultation peut être un espace pour en parler sans jugement, à votre rythme, en complément de votre suivi médical.

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