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Traumatisme sexuel et libido : comment retrouver pas à pas une sexualité apaisée ?

Le 21 janvier 2026
Traumatisme sexuel et libido : comment retrouver pas à pas une sexualité apaisée ?
Blocage de libido après un trauma sexuel : c'est normal. Découvrez les étapes pour retrouver du désir à votre rythme, sans pression

Saviez-vous que plus de 80% des victimes de viol développent un trouble de stress post-traumatique, accompagné d'une extinction quasi-totale du désir ? Cette statistique dépasse largement les 24% de risques observés pour les traumatismes en général, soulignant ainsi la spécificité et la gravité particulière des traumas sexuels. Si vous ressentez un blocage après un traumatisme sexuel, sachez que cette réaction est parfaitement normale et légitime : votre cerveau active un mécanisme de protection pour vous préserver. À Fontenay-sous-Bois, Sophie Monfort accompagne depuis des années les personnes traversant cette épreuve avec une approche bienveillante et progressive. Découvrez comment, étape par étape, il est possible de retrouver une sexualité apaisée sans pression ni urgence.

  • Obtenez d'abord la reconnaissance d'un tiers (thérapeute, association, proche de confiance) d'avoir été victime pour dépasser la confusion et la culpabilité avant tout travail thérapeutique
  • Privilégiez les thérapies validées scientifiquement comme l'EMDR (recommandée par l'OMS et la HAS) après avoir établi une alliance thérapeutique solide avec votre praticien
  • Établissez des règles de communication claires avec votre partenaire en utilisant des phrases précises comme "J'ai besoin que tu ne m'interrompes pas avant que j'aie fini" pour créer un espace sécurisé
  • Explorez les activités corporelles structurées (escrime thérapeutique, équitation spécialisée) qui placent le corps au centre du processus de reconstruction

Comprendre les mécanismes du traumatisme sexuel sur votre libido

Lorsqu'une agression sexuelle survient, votre cerveau déclenche instantanément des mécanismes neurobiologiques de survie. Face à un stress extrême, il produit des substances similaires à la morphine et à la kétamine, créant une anesthésie émotionnelle et physique. Cette dissociation péritraumatique vous protège sur le moment, mais peut devenir chronique et envahissante (près de 70 à 80% des adultes victimes développent ces troubles psychotraumatiques, et jusqu'à 100% chez les enfants).

Le Dr Bessel van der Kolk, psychiatre reconnu en psychotraumatologie, explique que le cerveau passe en "mode survie", réduisant l'activité dans les zones responsables des émotions et de la conscience corporelle. Cette déconnexion temporaire agit comme un bouclier protecteur, mais crée aussi une barrière entre vous et votre ressenti. Pour éteindre cette mémoire traumatique qui surgit de manière incontrôlable, certaines victimes développent des conduites dissociantes : automutilations, mises en danger sexuelles, conduites à risques sur la route ou dans le sport, qui augmentent brutalement le stress pour sécréter ces drogues endogènes anesthésiantes, malgré l'accoutumance progressive.

Si les violences se répètent, ce mécanisme devient automatique. Votre corps apprend à s'éteindre dès qu'une situation intime se présente, rendant impossible tout désir sexuel. C'est pourquoi près de 40% des victimes développent des amnésies traumatiques, particulièrement lorsque les violences ont eu lieu dans l'enfance.

À noter : Si vous constatez que vous consommez de l'alcool, des stupéfiants ou des psychotropes à hautes doses pour "tenir", sachez que ces comportements sont des stratégies inconscientes d'anesthésie émotionnelle. Ils renforcent l'effet des drogues endogènes que votre cerveau produit pour vous protéger. Reconnaître ces mécanismes constitue le premier pas vers une prise en charge adaptée.

Reconnaître les signes d'un blocage lié au traumatisme sexuel et à la libido

Plusieurs signaux indiquent qu'un traumatisme non résolu affecte votre sexualité. Les flashbacks pendant l'intimité touchent 49% des victimes : vous revivez soudainement la scène, avec parfois même les sensations physiques de douleur (74% des victimes ayant ressenti de la douleur lors du trauma la ressentent à nouveau lors des rappels traumatiques). Votre corps se tend, votre respiration s'accélère, et l'instant présent disparaît.

L'évitement systématique des situations intimes devient votre stratégie principale. Vous déclinez les invitations, évitez les contacts physiques, créez des distances pour ne pas déclencher ces souvenirs douloureux. Cette hypervigilance permanente vous maintient constamment sur le qui-vive, analysant chaque signal de votre environnement comme une menace potentielle.

L'anesthésie émotionnelle s'installe progressivement. Vous vous sentez détaché, comme spectateur de votre propre vie. Cette sensation d'irréalité, cette impression de regarder un film dont vous n'êtes pas l'acteur principal, constitue un symptôme majeur du trauma. Les troubles du sommeil, l'irritabilité et les difficultés de concentration complètent souvent ce tableau clinique.

Exemple concret : Marie, 35 ans, ressent systématiquement une douleur aiguë au bas-ventre dès que son partenaire l'approche intimement, exactement la même douleur qu'elle avait ressentie lors de son agression dix ans plus tôt. Cette douleur fantôme, bien que réelle dans ses sensations, est un flashback somatique typique du TSPT. Après six mois de thérapie EMDR avec établissement préalable d'une relation de confiance solide, ces douleurs ont progressivement diminué jusqu'à disparaître complètement.

Quand faut-il consulter un spécialiste du psychotrauma ?

Si ces symptômes persistent depuis plus de six mois et impactent votre quotidien, une consultation s'impose. S'appuyer sur la reconnaissance par un tiers d'avoir été victime d'un viol constitue une première étape nécessaire pour dépasser les effets de confusion, de peur, de honte et de culpabilité qui maintiennent le trauma actif. Le traitement du trouble de stress post-traumatique doit précéder tout travail sur la sexualité. Sans cette étape fondamentale, les blocages persisteront.

Ne tardez pas : les victimes mettent en moyenne 10 à 13 ans pour trouver des soins adaptés. Plus la prise en charge est précoce, plus elle évite la chronicisation des troubles. Les thérapies spécialisées comme l'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), pratique recommandée par l'OMS et la Haute Autorité de Santé, la thérapie cognitivo-comportementale, l'ICV ou le Brainspotting offrent des résultats significatifs. L'EMDR en particulier permet de soulager rapidement les symptômes, mais nécessite qu'une solide alliance thérapeutique soit établie au préalable, car la nature même du viol viole la survivante de la manière la plus personnelle qui soit.

Reconstruire votre rapport au corps : les étapes essentielles du traumatisme sexuel vers une libido retrouvée

La reconstruction suit un processus structuré en trois phases. D'abord, la phase de stabilisation vise à retrouver un sentiment de sécurité. Ensuite, le traitement direct des souvenirs traumatiques permet de désensibiliser les mémoires douloureuses et de les transformer en mémoires autobiographiques cohérentes, en redonnant une temporalité aux événements (replacer le passé au passé et le présent au présent). Enfin, la consolidation vous aide à réintégrer votre place dans le monde.

Les pratiques douces comme le yoga, la méditation ou la sophrologie vous permettent de réapprivoiser votre corps progressivement. Ces disciplines favorisent la reconnexion à l'instant présent grâce aux techniques de respiration consciente. Le sport joue également un rôle crucial : il dénoue les tensions musculaires, renforce la confiance et canalise les émotions. Sports de combat, course à pied, musculation – choisissez ce qui vous convient. Des associations spécialisées comme Stop aux Violences Sexuelles proposent même des ateliers thérapeutiques d'escrime pour libérer son énergie meurtrière de manière canalisée, ou d'équitation pour reconstruire la confiance à travers la relation avec l'animal.

Les massages réintroduisent le toucher bienveillant dans votre vie. Progressivement, les verrous émotionnels cèdent, et l'autre redevient digne de confiance. Les thérapies corporelles ou l'art-thérapie vous aident à réintégrer cette enveloppe corporelle abandonnée lors du trauma, tout en accompagnant la transformation des mémoires traumatiques intrusives en souvenirs autobiographiques intégrés.

Conseil pratique : Si vous souhaitez explorer les ateliers thérapeutiques corporels, recherchez des structures spécialisées dans l'accompagnement des victimes de violences sexuelles. Ces ateliers placent le corps au centre du processus de résilience dans un cadre structuré et sécurisé, avec des professionnels formés à la spécificité du psychotrauma. L'escrime thérapeutique, par exemple, permet de retrouver sa puissance d'action dans un cadre codifié et respectueux.

Réintroduire le plaisir sans pression ni obligation

Commencez par réintégrer du plaisir non sexuel dans votre quotidien. La masturbation peut constituer une première étape de réappropriation : redécouvrir vos sensations en solo, identifier ce qui vous fait réellement du bien, sans pression externe.

Libérez-vous des clichés : la pénétration n'est pas une finalité obligatoire. Une sexualité épanouie peut explorer de nouvelles voies érotiques. Respectez votre rythme – la guérison n'est jamais linéaire. Les rechutes font partie du processus naturel de reconstruction.

Le rôle crucial du partenaire dans le traumatisme sexuel et la reconstruction de la libido

Votre partenaire devient votre principal soutien dans cette épreuve. Son degré de compréhension influence directement votre bien-être (le degré de bien-être ultérieur est davantage lié à la perception du soutien reçu du partenaire que de tout autre membre du réseau social, et le soutien provenant d'une autre source ne peut compenser un manque de soutien du conjoint). Les comportements de soutien adéquats incluent la patience, l'écoute sans jugement et le respect absolu de votre rythme.

Établissez ensemble des signaux de sécurité : un mot d'alerte pour interrompre si nécessaire, une demande systématique de consentement avant chaque geste. La communication ouverte reste fondamentale. Utilisez des phrases concrètes pour établir vos règles : "J'ai besoin que tu ne m'interrompes pas avant que j'aie fini", "Je ne suis pas prêt à répondre à des questions", ou "J'ai besoin que tu prennes un peu de temps avant qu'on en reparle".

  • Exprimez clairement vos besoins, peurs et limites
  • Définissez ensemble les lignes directrices de votre intimité
  • Demandez la permission avant tout contact physique
  • Reprenez progressivement l'initiative pour garder le contrôle

La thérapie de couple peut s'avérer nécessaire pour naviguer dans cette "fenêtre de tolérance", cet espace psychologique qui équilibre l'exploration émotionnelle et la sécurité. Le thérapeute vous aide à séparer les problèmes passés des enjeux actuels, à co-construire un attachement plus sécuritaire.

Inventer ensemble une nouvelle sexualité après le trauma

Une fois que votre partenaire comprend véritablement les effets du trauma, vos symptômes peuvent s'estomper. Vous vous sentez enfin en sécurité pour explorer de nouveaux chemins intimes. Inventez ensemble de nouvelles façons de vous approcher, une à la fois, pour découvrir à deux une sexualité plaisante.

Encouragez votre partenaire à vous séduire doucement, à prendre le temps de l'échauffement avant de se lancer. Certaines victimes préfèrent garder l'initiative des rapports pour maintenir le contrôle. D'autres explorent des techniques de gestion du stress comme la respiration profonde ou la relaxation musculaire pour favoriser la détente pendant l'intimité.

À noter : Le soutien de votre partenaire est irremplaçable dans votre processus de guérison. Des études montrent que même un soutien important venant d'amis, de famille ou de professionnels ne peut compenser un manque de soutien du conjoint. N'hésitez pas à lui partager vos besoins spécifiques et à l'impliquer dans votre parcours thérapeutique s'il se montre réceptif.

Accepter votre rythme unique de guérison du traumatisme sexuel

La guérison d'un traumatisme sexuel reste un processus progressif et continu. Les souvenirs ne disparaissent jamais complètement, mais vous apprenez à vivre avec eux différemment. Certains jours seront lumineux, d'autres plus sombres – c'est le parcours normal de reconstruction.

Les sentiments d'impuissance, de honte et d'autoblâme sont des symptômes, non votre réalité. Au bout du tunnel, aussi ténébreux soit-il, la lumière existe toujours. Mille façons s'offrent à vous pour exprimer et apaiser la souffrance : l'écriture, les arts plastiques, la danse, le théâtre. Identifiez ce qui vous fait du bien, ce qui renforce votre estime personnelle.

Il n'existe pas de recette miracle universelle. L'enjeu consiste à trouver les approches qui vous correspondent, qui vous aident à choisir la vie et à rejoindre cette communauté humaine dont votre agresseur vous avait exclu. Avec du temps, de la bienveillance et un accompagnement adapté, retrouver une sexualité heureuse et apaisée devient possible.

Sophie Monfort, sexothérapeute diplômée à Fontenay-sous-Bois, vous accompagne dans ce parcours de reconstruction avec une approche personnalisée et bienveillante. Spécialisée dans l'accompagnement des personnes ayant vécu des traumatismes sexuels et dans le traitement des troubles du désir sexuel post-traumatiques, elle propose des séances adaptées à votre rythme, en cabinet ou en visioconférence. Si vous êtes dans la région Île-de-France et ressentez le besoin d'un soutien professionnel pour retrouver une sexualité apaisée, n'hésitez pas à la contacter pour entamer votre chemin vers la guérison.