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Dyspareunie ou vaginisme : quelle est la différence ?

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Dyspareunie ou vaginisme : quelle est la différence ?
Dyspareunie ou vaginisme : comprenez les différences pour obtenir le bon diagnostic et le traitement adapté à votre situation

Environ une femme sur cinq éprouve des douleurs lors des rapports sexuels, pourtant distinguer entre dyspareunie et vaginisme reste complexe pour de nombreuses patientes. Face à ces troubles intimes souvent confondus, poser le bon diagnostic devient essentiel pour orienter vers le traitement approprié. Les statistiques révèlent que 7,5% des femmes souffrent de dyspareunie tandis que le vaginisme touche entre 1 à 5% de la population féminine. À Fontenay-sous-Bois, Sophie Monfort, sexothérapeute diplômée, accompagne régulièrement des patientes confrontées à cette confusion diagnostique qui retarde leur prise en charge.

Ce qu'il faut retenir

  • La dyspareunie permet toujours la pénétration malgré la douleur, tandis que le vaginisme la rend impossible à cause d'une contraction musculaire involontaire (classification de Lamont allant du grade 1 au grade 4 selon la sévérité)
  • Une apparition progressive des douleurs oriente vers une cause physique nécessitant un traitement médical, alors qu'une apparition brutale évoque plutôt une origine psychologique nécessitant une sexothérapie
  • Consultez d'abord un gynécologue pour écarter tout problème médical, puis un sexothérapeute, et enfin un kinésithérapeute spécialisé dans cet ordre précis pour optimiser votre parcours de soins

Dyspareunie et vaginisme : deux troubles sexuels aux manifestations distinctes

La dyspareunie : quand la douleur n'empêche pas la pénétration

La dyspareunie se définit comme une douleur ressentie au niveau du vagin ou de la vulve lors des rapports sexuels. Cette douleur, d'intensité variable allant d'une simple gêne à une sensation intense de brûlure ou de déchirement, présente une caractéristique fondamentale : la pénétration reste possible malgré l'inconfort. Les femmes décrivent souvent des sensations de picotements, d'élancements ou de brûlures qui peuvent survenir dès l'entrée du vagin (dyspareunie superficielle) ou plus profondément dans le bas-ventre (dyspareunie profonde).

Cette classification selon la localisation aide les professionnels de santé à orienter leur diagnostic. La dyspareunie superficielle, aussi appelée dyspareunie "d'intromission", survient spécifiquement au niveau de l'entrée du vagin et de la vulve lors de la pénétration, tandis que la dyspareunie profonde est ressentie dans le vagin ou le bas-ventre pendant ou après le rapport (et non uniquement pendant). La dyspareunie primaire, présente dès les premiers rapports, se distingue de la dyspareunie secondaire qui apparaît après une période de sexualité sans problème. Selon la répartition par âge, la prévalence est plus élevée chez les femmes de 55 à 64 ans (10,4% de cette tranche d'âge) et chez les jeunes femmes de 16 à 24 ans (9,5%), permettant d'identifier les populations plus à risque.

Le vaginisme : la contraction involontaire qui bloque toute pénétration

L'Organisation Mondiale de la Santé définit le vaginisme comme une "contraction involontaire, répétée et persistante des muscles périnéaux" entourant le tiers externe du vagin. Cette contraction réflexe, totalement incontrôlable, crée une véritable barrière physique rendant toute pénétration impossible, qu'il s'agisse d'un pénis, d'un tampon ou même d'un spéculum lors d'un examen gynécologique.

Les patientes évoquent fréquemment la sensation d'un "mur" à l'entrée du vagin. Le vaginisme primaire touche des femmes n'ayant jamais pu avoir de rapport avec pénétration, tandis que le vaginisme secondaire survient après une période de vie sexuelle normale. Ce dernier représente un quart à un tiers des consultations en sexologie. Il existe également une distinction entre le vaginisme partiel (présentant un spasme modéré où la relation devient difficile et engendre une dyspareunie) et le vaginisme total (avec une contraction musculaire intense et une contracture totale du vagin empêchant toute tentative de pénétration).

À noter : La classification de Lamont permet aux professionnels de santé d'évaluer la sévérité du vaginisme selon 4 grades : grade 1 (spasme pouvant être soulagé par réassurance), grade 2 (spasme persistant mais examen possible), grade 3 (spasme important avec élévation des fesses), et grade 4 (la patiente élève les fesses, se retire et ferme les cuisses pour éviter l'examen). Cette échelle aide à adapter précisément le traitement selon la gravité des symptômes.

Tableau comparatif pour mieux comprendre la différence dyspareunie vaginisme

La distinction fondamentale réside dans la possibilité ou non de pénétration. Dans la dyspareunie, malgré la douleur présente pendant le rapport, la pénétration demeure possible. Le vaginisme, lui, se caractérise par une impossibilité totale ou partielle de pénétration due à la contraction musculaire involontaire. Une particularité importante concerne le vaginisme situationnel versus le vaginisme global : le vaginisme global apparaît dans toutes les circonstances (sexuelles ou non), tandis que le vaginisme situationnel se manifeste uniquement sous certaines conditions (par exemple avec un partenaire spécifique mais pas avec un autre, ou lors des rapports mais pas avec un tampon).

  • Moment de survenue : la douleur dyspareunique apparaît pendant le rapport alors que la contraction vaginique se déclenche dès la tentative d'intromission, parfois même à la simple idée de pénétration
  • Contrôle musculaire : aucun contrôle volontaire possible sur la contraction dans le vaginisme
  • Impact sur les examens médicaux : le vaginisme affecte tous les types de pénétration, rendant difficiles les examens gynécologiques
  • Mode d'apparition : une apparition progressive des douleurs indique plutôt une cause physique de dyspareunie, tandis qu'une apparition brutale doit faire évoquer une origine psychologique

Comprendre les causes pour éviter l'évolution d'un trouble vers l'autre

Des origines différentes entre dyspareunie et vaginisme

Les causes de la dyspareunie sont majoritairement d'origine physique. La sécheresse vaginale, principale responsable, peut résulter de la ménopause, de l'allaitement ou de certains traitements. Les infections génitales (mycoses, vaginoses bactériennes), l'endométriose, les cicatrices post-accouchement ou les malformations constituent d'autres facteurs déclenchants. L'enquête britannique de 2017 menée sur 8 869 femmes révèle l'impact considérable de la dyspareunie sur la vie sexuelle : 62% des femmes souffrant de dyspareunie présentent une baisse de libido, 40,1% un moindre accès au plaisir sexuel, 30,9% une insatisfaction sexuelle, et 45,2% une sécheresse vaginale associée.

Le vaginisme primaire trouve plutôt ses racines dans des causes psychologiques : manque d'information sur l'anatomie génitale, peur de la pénétration, éducation stricte ou contexte religieux culpabilisant. Le vaginisme secondaire peut combiner facteurs psychologiques (traumatisme sexuel, examen médical brusque) et physiques (infections, traitements contre le cancer provoquant une sécheresse vaginale).

Exemple concret : Marie, 28 ans, consulte après six mois de douleurs lors des rapports. Les douleurs sont apparues progressivement après un accouchement difficile avec épisiotomie. L'examen gynécologique révèle une cicatrice douloureuse et une sécheresse vaginale liée à l'allaitement. Son gynécologue diagnostique une dyspareunie superficielle d'origine physique. Après trois mois de rééducation périnéale avec une kinésithérapeute spécialisée et l'utilisation d'un gel lubrifiant adapté, Marie retrouve progressivement une sexualité sans douleur. Sans traitement, cette dyspareunie aurait pu évoluer vers un vaginisme secondaire par anticipation anxieuse.

Le cercle vicieux : quand la dyspareunie évolue en vaginisme secondaire

Une dyspareunie non traitée peut progressivement se transformer en vaginisme secondaire par un mécanisme d'anticipation anxieuse. Après plusieurs rapports douloureux, la peur de souffrir génère une tension musculaire anticipatoire. Cette contraction réflexe du périnée, initialement destinée à protéger le corps, finit par empêcher toute pénétration.

L'évitement progressif des rapports sexuels renforce ce cercle vicieux douleur-peur-tension. Le corps développe un automatisme de protection qui transforme une simple douleur gérable en impossibilité totale de pénétration. D'où l'importance cruciale de traiter rapidement une dyspareunie pour prévenir cette évolution défavorable.

Conseil : Pour briser ce cercle vicieux avant qu'il ne s'installe, communiquez immédiatement avec votre partenaire dès l'apparition de douleurs. Adaptez vos pratiques sexuelles en privilégiant temporairement les caresses et la stimulation clitoridienne sans pénétration. Cette approche permet de maintenir une intimité positive tout en évitant l'installation de l'appréhension qui pourrait conduire au vaginisme. Consultez rapidement si les douleurs persistent au-delà de trois rapports consécutifs.

Diagnostic et traitements : des approches adaptées à chaque trouble

Comment les professionnels établissent la différence dyspareunie vaginisme

Le diagnostic repose sur un interrogatoire minutieux décrivant précisément les symptômes, leurs circonstances d'apparition et leur évolution. L'examen gynécologique permet ensuite de localiser la source de douleur dans la dyspareunie ou d'observer la contraction musculaire caractéristique du vaginisme. Le test du Coton-Tige aide spécifiquement à déceler une vestibulodynie, forme particulière de dyspareunie. Les professionnels évaluent également le mode d'apparition des symptômes : une installation progressive oriente vers une cause physique, tandis qu'une apparition brutale suggère une origine psychologique.

La difficulté diagnostique tient au fait que les examens physiques restent souvent normaux, notamment lorsque les symptômes n'apparaissent que lors des rapports sexuels. Cette errance médicale fréquente souligne l'importance de consulter dès les premiers symptômes récurrents et de bien préparer sa consultation en utilisant les termes précis pour décrire son vécu.

Des traitements spécifiques selon le diagnostic posé

Pour la dyspareunie, le traitement vise d'abord la cause physique identifiée : lubrifiants adaptés pour la sécheresse vaginale, traitements hormonaux locaux à la ménopause (spécifiquement des gels à base d'œstriol dont une étude a confirmé une disparition des douleurs en 1 à 2 semaines pour 77,3% des participantes en postménopause), antibiotiques pour les infections. L'allongement des préliminaires, la rééducation périnéale avec un kinésithérapeute spécialisé et l'utilisation de gels à base d'acide hyaluronique complètent efficacement l'approche thérapeutique. Pour en savoir plus sur les traitements spécialisés des douleurs sexuelles féminines et masculines, une consultation spécialisée permet d'établir un protocole personnalisé.

Le vaginisme nécessite une approche psychologique prioritaire combinant sexothérapie, thérapie cognitivo-comportementale et parfois hypnose. Les dilatateurs vaginaux de calibres progressifs permettent de reprendre le contrôle sur le relâchement musculaire à son propre rythme, mais leur association à une psychothérapie est systématiquement recommandée et considérée comme indispensable pour garantir l'efficacité totale du traitement. La rééducation périnéale inclut des exercices de respiration, de relaxation et de biofeedback pour prendre conscience des tensions corporelles.

L'approche multidisciplinaire associant gynécologue, sexothérapeute et kinésithérapeute spécialisé offre les meilleurs résultats, mais l'ordre des consultations est crucial : consultez d'abord un gynécologue ou une sage-femme pour écarter tout problème médical, puis un sexologue ou sexothérapeute pour traiter les aspects psychologiques, et enfin un ostéopathe ou kinésithérapeute spécialisé dans la région pelvienne pour la rééducation physique. Le rôle du partenaire reste essentiel : communication ouverte, patience et compréhension mutuelle participent activement au processus de guérison.

Face à ces troubles intimes qui impactent profondément la qualité de vie et l'épanouissement sexuel, Sophie Monfort propose à Fontenay-sous-Bois un accompagnement personnalisé et bienveillant. Sexothérapeute diplômée, elle aide les femmes et les couples à surmonter dyspareunie et vaginisme grâce à une approche globale combinant écoute empathique, techniques de relaxation et thérapie sexofonctionnelle. Son cabinet offre un espace sécurisé et confidentiel où chaque patiente peut exprimer ses difficultés sans jugement et retrouver progressivement une sexualité épanouie, que ce soit en consultation physique ou en visioconférence pour les personnes éloignées géographiquement.